Vendredi du Vin #12 : il était moins une!
Ok ok ok, je me fais prier certes, c'est vrai qu'en même tant que j'attendais fébrilement l'édition qui allait marquer mon entrée dans ce cercle des participants frappadingues des VdV (pour info à l'attention de celles et ceux qui ne connaitraient pas ces dégustations chroniques, tenues par des des bloggueurs internationaux autour d'un thème défini chaque mois, l'essentiel est là), le doûte m'assaillit soudainement : serais-je à la hauteur ?
En tout cas en terme de délais la réponse est clairement non, puisque je suis en retard les amis...
Malgré tout, et puisque ces prochains instants de liesse collective sont peut-être compromis par un lobby hygiéniste qui légifère à tour de bras pour nous baillonner, je me suis dit que cette fois-ci serait potentiellement la dernière occasion de témoigner à visage découvert...
Alors, venons-en aux faits, qui se lance dans un Vendredi du Vin sur le thème du Grenache dans tous ses états doit éviter les écueils autant que les lieux communs pour se faire lire. A la trappe donc le Roussillon que j'affectionne pourtant avec ses Banyuls et autres Collioure, idem pour Chateauneuf, trop convenu. Et pour ce qui est de la production hors France, en bon froggy chauvin, je suis aussi un parfait inculte...
J'ai donc jeté mon dévolu sur une bouteille atypique, la cuvée l'Authentique 2003, un Côtes du Rhône de chez Sylvie et Jean Beaumont du Domaine du Faucon Doré (Faucon - 84).
Atypique à plus d'un titre puisqu'un CdR issu à 100% de Grenache Noir ça court pas les rues. Et quand les vignes ont 80 piges, qu'on laisse faire la nature sur un millésime comme 2003 sous de telles latitudes ça donne ce que j'appelle un Jean Gabin, du genre qui ne passe pas inaperçu dans un repas.... 15° bien tassés (en comptant la marge d'erreur de 0.5° évidemment...), ça c'est bien le reflet d'une des caractéristiques de ce cépage : ça chauffe les oreilles!
Et comme tous les Jean Gabin que je connais, ils vous donnent le sentiment d'une étreinte fougueuse avec Mohamed Ali à minuit le 31 décembre... Donc c'est pas pour tous les jours évidemment.
C'est bien sur une image, je tiens à rassurer celles et ceux qui me connaissent en leur martelant que je n'ai pas changé de confession pour autant ;-)
Parfois un petit 12.5° peut vous assommer sans crier gare, alors que celui-ci est parfaitement équilibré.
Très gourmand certes vous avez deviné, mais aussi doté d'un fruit intense qui porte les arômes percutants de réglisse et de truffe. J'ai donc été particulièrement surpris de constater que l'accord d'hier soir s'est tout de même opéré sans heurt, sur un délicat risotto aux cèpes qui a joué à saute mouton avec la truffe du vin.
Bien sur il aura fallu passer par un carafage assez long (3 heures) pour assouplir une trame tannique encore assez peu fondue, et prendre soin de servir le vin point trop chaud (14° pour réhausser le fruit). Lorsqu'on prend la peine de réunir ces conditions, le miracle opère ;-)
Je renouvelle donc mes félicitations au couple Beaumont, des Grenache comme ça j'en veux pour toute la vie!
Et mes remerciements chaleureux à Geneviève du blog Gare Aux Goûts qui hébergeait cette 12ème édition, pour sa grande patience et son indéfectible détermination.