Chers tous, voxeurs ou non, depuis ce dernier post je vous salue bien bas.
Pour diverses raisons, je déménage.
C'est désormais sous la peau du Caviste Orpailleur que vous pourrez me retrouver, là-bas il nous sera plus facile de correspondre et d'échanger qu'ici.
A bientôt, mes amis.
Alors voilà, les quelques courageux encore au turbin, ceusses qui ne le sont pas ou plus mais toujours derrière leur écran, ont pondu leurs commentaires, plus jubilatoires les uns que les autres.
Maintenant, on trouvera toujours des gens pour cracher que les vins de table sont d'affreux jus de chaussettes et que l'avenir appartient aux technojuices et autres premixes.
Mais ce n'est pas notre propos à nous autres orpailleurs philosophes.
En ce sens vous et moi serons le poil à gratter de ces gens-là. Et nous combattrons l'ignorance avec une lame de vertu.
Tout d'abord il convient de remettre certains coucous à l'heure, et c'est à Jeanne de fort justement rappeler qu'un vin de pays est aussi un vin de table, à la différence qu'il bénéficie d'une indication géographique de la région de production (chers administrateurs viticoles, vous ne nous rendez pas la tâche facile). Elle nous livre ses émotions papillaires ressenties sans bride à l'occasion de sa visite au Domaine de Lucet, avec entre autres cuvées dégustées sur place (d'ailleurs ma chère Jeanne, sauf votre respect, vous avez l'air d'avoir une belle descente;-) Attention, vous risqueriez d'impressionner la maréchaussée!) un vin de pays du jardin de la France, chardonnay 2007.
Ensuite c'est au tour d'un des piliers de la bande, indécrottable défricheur, généreux au point de consigner avec une exhaustivité maladive les commentaires lyriques de ses dégustations (celui-là aussi j'espère aussi qu'il recrache, et en même temps vu les quilles qui défilent, ça me filerait la nausée de voir tout ça partir à l'égout).
Et là môssieur Olif nous gratifie d'un coup de coeur pour table en tek (d'ailleurs c'est toujours la même table depuis un moment, le turn-over incessant des bouteilles ne s'applique apparemment pas au mobilier..), la Clairette de notre vigneron ubiquiste préféré, Emile Hérédia (Domaine de Montrieux, Coteaux du Vendômois - 41), toute droite sortie de son nouveau domaine languedocien, le domaine des Dimanches. Un peu de fraîcheur ligérienne près de Montpellier, ça motive! D'ailleurs si vous voulez, je peux vous renseigner sur l'origine du nom de ce domaine ;-)
Bref, une bien jolie bouteille, je confirme.
La suivante, c'est notre vigneronne fétichiste et prolifique, Iris, qui nous fait le coup de la charge de Walkyries, avec non pas un mais 5 vins de guéridon (arrivé à ce stade de la découverte des compte-rendus, mon gosier commençait à craquer comme du vieil osier tant j'avais soif), le poète vigneron Christophe Beau, le couple débridé Dupéré Barrera, le terrien Thierry Navarre, Patrick Henquel et Fritz Croissant (pas d'épithètes pour ceux-là, je n'ai pas la chance de les connaître...), tous tirés de ses labyrinthiques archives à faire passer le KGB pour une mairie de la Creuse.
Puis c'est au tour d'Antoon de nous ouvrir les portes de son hémisphère droit, service des bouteilles de table, 3ème couloir à gauche, porte 19.
Blogger certainement pas (malheureusement assurément), j'ai donc l'honneur supplémentaire d'héberger à sa place son compte-rendu, que voici :
"Voilà un vin de table bu hier vendredi en plus !
Leda Viñas Viejas 1998Vino de Mesa de Castilla y Léon
Les raisins viennent d'une sélection rigoureuse autour de Tudela del Duero (village non en appellation, siège de Mauro) de vignes avoisinant le centenaire en moyenne de cépage Tinto del Païs, Tinto Fino, Aragonés ... Bref que des petits frères (clones) au célèbre Tempranillo (les noms dépendant de la localisation ainsi que des us & coutumes des vignerons).
C'est la troisième fois que je bois ce nectar, la première fut à Puerto-Rico en décembre 2000, il y avait fallut 2 jours de carafage pour qu'il s'exprime enfin !
Là, je l'ai carafé 3h à l'avance. La robe se montre rubis intense et profond. Le nez dévoile une forte complexité, mêlé de fruits, d'épices, et de torréfaction : framboise-griotte-myrtille, canelle-poivre blanc, café-chocolat-toast. L'attaque en bouche est explosive ; elle reflète la robe et le nez, c'est à dire généreuse. Le milieu est encore très dense, où l'aromaticité reste emprisonnée par la multitude des tanins fins. La finale parfait comme un feu d'artifice de saveurs réglisse, moka, cèdre, tabac (tiens un cubain !) menées par bien sur les tanins mais également par une certaine minéralité voire florale avec une pointe de violette.
Un Grand Vin parmi l'élite (La Tâche du Domaine, Cerequio Barolo de Roberto Voerzio , et autres grands crus), le Leda 1998 se veut concentré mais élégant tout de même et muni aussi d'un superbe équilibre; il demande encore 5 ans pour nous dévoiler au mieux toutes ses richesses.
Evidemment à boire en magnum avec le Lechazo de Zurita (cuisine à la braise, situé en face de la bodega Mauro) !
Toon"
Ah ben on dit juste bravo et surtout ENCORE!
Ensuite vient Hubert, mister Jaming, avec une vendange tardive de sauvignon tombée du paradis, du magnifique château angevin de Suronde régi par le talentueux Francis Poirel. Là je programme mon téléphone et je préviens mes voisins, dans le cas où je ne donne pas signe de vie dès la lendemain il leur faudra me déposer dans la corbeille des vieux papiers... ma langue se parchemine!
Même s'il a un peu triché, il l'avoue lui même, sa trouvaille mérite la soif.
La cuvée énigmatique de Cyril Alonso fort justement baptisée "The Vin de Table"!
A ce stade avancé de déshydratation, sans élixir alchimique mon salut se trouvait derrière cette paroi de verre arrondie...
Le gazier on le connait, a fortiori depuis sa dernière consécration au guide Gault et Millau.
Pas bloggueur, juste blagueur.
Sa compagne Karine étant fortement soupçonnée d'être l'éminence grise derrière cette impertinence devenue récurrente...
Une pathologie qu'on pourra retrouver sous toutes les latitudes d'ailleurs, plutôt fréquemment chez les vignerons....
Cyril n'a pas de vignes, mais il a du talent (on peut le chanter sur l'air de Kirikou, ça marche assez bien), et son restaurateur de papa (jusqu'à il n'y a pas très longtemps le tenancier de la fabuleuse Table de Chaintré, avant qu'il s'offre une petite retraite de bistrotier ++, dans le sud) lui a ouvert bien des portes (de chais) lorsque, ensemble, ils arpentaient Bourgogne et Beaujolais pour "faire leurs courses" chez les plus grands.
Diplôme d'oenologie en poche, allergique aux sulfites (c'est de famille paraît-il), il a traîné longtemps dans les jupes de Marcel Lapierre avant de se lancer en tant que "petit négociant au naturel" à Romanèche Thorins, en plein Moulin-à-Vent.
Cette cuvée (au moment où j'écris ces lignes je me force à ralentir le rythme pour m'éviter de devoir réécrire mon papier à l'imparfait) provient de raisins nés en 2005 chez Philippe Valette, d'une parcelle de petites mémés classée en appellation Pouilly-Vinzelles. Du vieux chardo donc.
Après une vinification qui pourrait faire songer à du laxisme décontracté tant les jus sont restés à l'état sauvage sans savoir distinguer le crâne chauve de notre homme d'un vulgaire bac à douche, et 2 ans d'élevage nature (niet soufre kamarad), sous bois et sur lies, le bébé patientera encore 6 mois en cuves pour patiner cette belle matière.
Une vendange bien mûre, un millésime généreux, un vigneron amoureux.
Et patatras, une fois les sucres mangés, diantre, 14,8°!
Là j'en arrive à la raison qui en a fait un vin de table : le décret d'appellation n'autorise qu'un maximum de 13,5° dans le vin fini... Alors que nombreux sont les voisins qui peinent à tenir le minimum, même en chaptalisant!
A l'ouverture c'est déjà un Las Vegas olfactif, du genre à vous faire une crampe à l'appendice nasal. On y sent du genêt, de la mirabelle, de la fumée de tourbe (non sans rappeler certains malts iliens écossais), entre autres fragrances diaboliques. Mais ça va vite, on a l'impression d'être au premier rang du Tour de France, genre peloton de tête à 3 km de l'arrivée mais avec plus de monde, en essayant de tous les prendre en photos individuellement. Impossible de les nommer, mais là y a du vin nididju!
La bouche (oui, on va toujours trop vite) est langoureuse, elle s'attarde comme une Carole Bouquet en shopping, elle vous caresse, vous frôle, à la fois tendue et généreuse.
Le décolleté est discret, mais il maîtrise l'art du sous-entendu...
Cire d'abeille, puis encaustique, jasmin, peau de poulet rôti, canelle, pomme bien mûre...
Cette fois-ci les cyclistes sont dans ma bouche et je crois que c'est à ce moment-là que je me suis évanoui.
Ou pâmé peut-être conviendrait mieux.
A mon réveil, un esprit farceur et décérébré que je nommerai par dépit korrigan, à défaut de savoir qui il est réellement, avait fait un sort à ma jolie fiole, ou plutôt son contenu. Argh.
Mais je reprends rapidement confiance, car il me reste quelques autres bouteilles...
Merci à tous, on remet ça quand vous voulez.
Ca y est, le mot est lâché.
Dans la Nouvelle République du Centre d'hier matin.
Ainsi je suis un commerçant altermondialiste.
J'en suis fort aise après tout. Car si le mot est largement connoté, il continue de me plaire.
Je me souviens de ce jeune journaliste stagiaire qui m'a rendu visite début juin, le stylo frémissant sur son bloc-notes tenu presque à bout de bras. Il se préparait à dresser une série de portraits de blogueurs tourangeaux, et était venu se perdre dans le bush de la "deuxième couronne", à Montbazon.
Je ne pouvais qu'être flatté par autant de considération!
Ce que je regrette en revanche, c'est cette espèce d'étiquetage, lié au qualificatif altermondialiste, car on lui prête toutes sortes de significations. Faucheur volontaire, je ne le suis pas, mais je soutiens leur cause. Semeur de pagaïe dans les sommets du G8, non plus. Paysan confédéré encore moins.
Mais il est certain que ce monde n'est pas celui dont j'ai rêvé étant gamin, et les changements qui s'opèrent ne se feront pas sans ma contribution, aussi homéopathique fut-elle.
De plus, je tiens à soutenir le regard de mes enfants lorsqu'ils prendront la mesure des dégâts et signeront au bas de l'état des lieux. J'aimerais qu'ils soient fiers de moi. Et de cet Autre Monde.
Ca y est nous y sommes, Benoît Jardin sera là ce soir pour assurer la dernière permanence de la saison, last but not least. La météo s'y prêtant bien, j'imagine assez bien la rue de Monts en foule, un verre de noble chenin ou d'authentique pineau d'Aunis dans chaque main.
D'ailleurs, le pineau d'Aunis, qui trouve ses origines en Saintonge, fut dans la période précédant le phylloxéra le cépage rouge emblématique de la Touraine viticole. Ce n'est qu'au moment de replanter, vers la fin du 19ème siècle, qu'il fût remplacé par l'actuel "breton", ou cabernet franc, et contingenté comme un lépreux à la seule Touraine septentrionale, pour constituer la base des appellations Coteaux du Loir et Coteaux du Vendômois (on trouve aussi de l'Aunis en Loir-et-Cher, où il sert majoritairement à faire du rosé).
Il est souvent boudé par les amateurs, qui lui trouvent, fréquemment à raison, un caractère très acide. Mais d'une part ce n'est vrai que lorsqu'il est contraint à de forts rendements, et d'autre part cette acidité peut être un régal lorsqu'elle se veut vectrice de fraîcheur et d'équilibre. On dit souvent qu'un cépage ne s'exprime jamais aussi bien que dans sa limite nord de plantation (prenez l'exmple de la syrah en Côte Rôtie, ou du chardonnay de la Côte des Blancs en Champagne), à la condition qu'un soin exemplaire lui soit prodigué.
Notre ami Benoît Jardin n'a d'autre préoccupation que d'agir "dans le sens de la plante", et la culture biologique lui sert de base de travail pour chouchouter ses vignes, parfois très vieilles.
Je vous invite à venir ce soir, car il fait partie de ces vignerons qui laissent une marque identitaire forte sur un vignoble méconnu car trop petit pour inonder les marchés, et il faut l'encourager. Merci!
J'en profite pour un petit rappel au sujet du Nocturne précédent avec Frantz Saumon vigneron à Husseau et Marion du collectif tourangeau anti OGM, j'ai beaucoup apprécié de voir que le débat est localement aussi sur la table, qu'il existe des gens prêts à faire le déplacement d'assez loin pour mettre un visage sur la contestation, tenter de comprendre ce qui la motive, donc juste merci. Pour preuve, tout le rosé des Faucheurs est parti, pourtant 72 bouteilles en quelques 3 heurs de temps! Sans passer par ma caisse je le rappelle, je sais cesser d'être commerçant et continuer à être citoyen ;-)
Chaque jour je me rends compte qu'en étant simple boutiquier j'ai déjà beaucoup de pouvoir, dont celui de ne pas dire à tous mes clients que je suis d'accord avec eux. Etonnamment, ils reviennent, et le débat se prolonge sur d'autres choses, sans animosité, avec sincérité et franchise. C'est toujours comme ça que la confiance s'établit, non?
Domaine les Hautes Terres, Gilles Azam à Roquetaillade (11)
Un domaine dont j'ai apprécié l'ensemble des vins à l'occasion du salon Millésime Bio à Perpignan en janvier dernier, et d'une soirée fort sympathique qui m'a permis de cerner avec précision sa philosophie. Rigueur, ambition et sincérité sont les valeurs qu'il s'attache à employer à tous les stades d'élaboration des vins, depuis la culture de la vigne jusqu'à la vinification et l'élevage. En travaillant ainsi, le résultat ne se fait pas attendre.
Il est clair qu'un vigneron qui produit essentiellement des blancs dans le sud de la France s'expose à bien des critiques de la part des cavistes septentrionnaux, ligériens ou non, ces derniers regrettant souvent leur fréquente mollesse.
A fortiori lorsqu'il s'agit des sacrosaints chenin et chardonnay. Malgré tout je ne me suis pas contenté de saluer quelqu'un qui peut égaler des vignerons plus proches de nous en Touraine, in vino veritas.
AOC Crémant de Limoux 2003 Joséphine 11,00€
Un assemblage de chardonnay, chenin et mauzac d'abord élevé 9 moi sur lies puis conservé sur lattes 2 ans avant un
dégorgement sans dosage. Bulles serrées et caressantes, volume, finesse des arômes, un crémant divinement bon.
VdP de la Hte Vallée de l'Aude 2007 rosé Il Emma 6,20€
Un rosé qui va droit au but, dans un registre aromatique étonnement complexe (fruits rouges, poivron jaune, réglisse)
pour un « petit rosé » qui se voulait pourtant sans prétention. Il est suave et vif à la fois, et fera un accord imparable
sur un tartare de poisson aux agrumes.
AOC Limoux 2005 rouge Maxime 10,50€
Malbec, merlot et cabernet sauvignon, un assemblage atypique pour le Languedoc, quoique classique pour cette nouvelle couleur dans l'appellation Limoux (il n'y a pas si longtemps on n'y faisait que des blancs).
Les tanins sont parfaitement fondus et soyeux, langoureux même, c'est un vin subtil et très élégant, une sorte de dandy flamboyant qui à chaque lampée vous emmène plus loin dans cet ailleurs pittoresque qu'est la haute vallée de l'Aude.
Domaine de Malavieille, Mireille Bertrand à Mérifons (34)
Certains parmi vous sont des afficionnados du domaine, qui jusque là n'était représenté ici qu'en bibs pour l'excellent
rapport qualité-prix qu'ils représentent. Vous lui trouverez donc un prolongement naturel en découvrant la production que Mireille met en bouteilles, et comme moi vous constaterez qu'elle ne se moque de personne cette charmante dame.
VdP d'Oc rosé 2007 Charmilles 5,80€
Vdp d'Oc rouge 2006 Charmilles 5,50€
Coteaux du Languedoc rouge 2003 Permien 7,50€
Domaine Ombre et Soleil, Christophe Guittet à Toutavel (66)
Le trublion de Tautavel continue d'épater la galerie avec ses micro cuvées toujours épatantes. Cette fois-ci je me suis
laissé séduire, contre tout bon sens, par un rouge capiteux et sudiste jusqu'au bout des ongles (Ombre du Soir 2004 12,00€), et ce malgré la saison chaude qui n'encourage pas vraiment à boire ce type de breuvage concentré, sanguin et épicé. La vérité c'est que j'y ai trouvé une sorte de pendant sudiste de la Planquette 2003 de Didier Michaud, et quand on me prend par ce genre de sentiments...
Egalement, et là c'est un peu plus adapté à la saison, ma soif de muscat sec n'est pas prête de tarir en compagnie de Soleil Vert, son Wine Shot N°4 (11,00€), tout en dentelle, digeste, fin et racé. Un nouvel exercice de style diablement bien négocié, cette fois sans recherche oxydative pour rester au plus près du croquant du raisin.
Domaine Camp del Roc, Philippe Botet à Montalba le Château (66)
Un domaine qui reste nimbé d'un certain mystère, sur lequel j'avoue ne pas connaître grand chose tant il est discret, sinon que la recherche d'un raisin sain est au centre de tout. C'est souple et velouté comme une syrah qui s'est affranchie de son expression souvent lourde et pateuse sous ces latitudes, un complément de vieux carignan pour encore davantage de complexité sur les épices douces et zoup, c'est dans la boîte.
AOC Côtes du Roussillon rouge 2006 Vinum Patris 12,00€
AOC Touraine rouge 2005 Clos de la Garrenne (12,00€) par Thierry Chaput à Montlouis sur Loire (37)
Thierry, après les quelques mésaventures qui l'ont contraint à se séparer de son domaine sur Montlouis sur Loire, est devenu le bras droit de Pascal Lambert à Chinon. Nous sommes chanceux de pouvoir encore apprécier avec quel brio il officiait alors.
Ce pinot noir est une pure merveille, taillé pour une garde infinie, tout en chair et reliefs voluptueux, dans un registre
qu'une cuisine hivernale magnifiera sans peine. Un grand vin, là où il était facile de ne pas l'attendre!
Précipitez-vous, car lorsque le buzz sera lancé ça risque de partir très vite...
Ça y est, ça me pendait au nez depuis un moment, mais mon manque flagrant d'assiduité n'a fait que simplement repousser l'échéance : me voilà grand manitou d'un jour...
Et ce jour est fixé au vendredi 25 juillet, où nous pourrons, une fois encore célébrer la grand messe mondialisée des vinibloggers de tous horizons.
Et ce mois-ci, c'est aux vins de table que je vous invite à rendre hommage, ou plutôt à ces drôles-de-jus produits par ces vignerons-atypiques-qui-font-des-vins-atypiques (oh les saligauds!)
Alors, si dans un de vos méandres mnémoniques vous vous rappelez avoir bu un de ces jus qui vous ont démantibulé les principes, bouleversé les fondements ou encore ratiboisé la base, et que depuis, votre vie n'est plus la même...
Ou si quelque part dans votre besace vous avez cette bouteille que quelqu'un que vous pensiez être un ami vous a offerte et que vous n'osez même pas déboucher pour déglacer un fond de gamelle...
Ou si ce caviste que vous pensiez si pertinent devient chaque jour plus insistant à vous convertir à la marginalité des étiquettes blaffardes et minimalistes, à cette bouteille de maquisard vendue à prix d'or que tous ces idiots de bobos glougloutent par carton de 12 un sourire niais (méprisant?) aux lèvres...
Alors, vous êtes mon homme!
Ou ma femme.
Euh non, pas vraiment ma femme évidemment.
Ni ma femme d'un soir bien sur, ah les coquines je vous vois venir, enfin vous voyez ce que je veux dire ;-)
Car la chose est complexe, et souvent terriblement injuste, tant beaucoup parmi ces flacons méritent les honneurs.
Qu'il soit mis à l'écart par les instances de l'agrément (les réducteurs de tête), hors circuit pour non conformité irréversible, issu d'une méthode d'élaboration ou d'un cépage que même les Anciens ont oubliée ou tout simplement sciemment vindetablisé par son géniteur, ce flacon est une expression fugace d'un raisin souvent libéré des carcans et à qui on reproche simplement de ne pas rentrer dans la case, ou le rang c'est comme vous voulez.
Avant d'entamer cette quête, rappelez-vous simplement que comme l'appellation d'origine contrôlée sait parfois très bien porter son nom (c'est seulement l'origine qui est contrôlée...), un vin de (grande) table le peut tout autant!
Pour les nouveaux et les amnésiques, un petit rappel des règles élémentaires :
1 - Choisissez un vin qui correspond scrupuleusement au thème ci-dessus.
2 - Vos notes de dégustation doivent être mises en ligne sur votre
blog entre 00h01 et 23h59 le vendredi 25 juillet (à chacun son
fuseau, non non je ne parle pas du pantalon)
2 - Plus que jamais, le contexte de dégustation est un élément-clé dont l'efficacité peut se révéler redoutable si l'on veut convertir la masse grouillante (gluante?) des buveurs d'étiquettes, alors merci pour votre rapport circonstancié.
3 - Envoyez-moi votre nom, le nom de votre blog et un permalien vers
votre article avant minuit le vendredi 25 juillet. Mon hébergeur ayant succombé à l'épidémie de sarkozyte aiguë (syndrome sécuritaire de plus en plus répandu en Europe de l'ouest et affectant l'hémisphère droit du cerveau tout en paralysant le gauche), il vous sera impossible de poster des commentaires sur ce blog à moins de faire partie de la communauté de Vox, c'est pourquoi je vous invite à me faire suivre ces informations à l'adresse figurant au bas de ce billet.
4 - Enfin, et puisque pour l'hémisphère nord la saison se prête assez bien au pique nique, n'hésitez pas à boire votre vin de table même quand il n'y pas de table.
Chers ami-e-s, je déclare la chasse aux objets vinicoles non identifiés ouverte!
Chers amis, maintenant que je suis à jour d'à peu près tout, voici l'intégralité du programme de cette année :
Jeudi 10 juillet :Guillaume Reynouard, du Manoir de la Tête Rouge (Le Puy Notre Dame - 49)
AOC Saumur brut non dosé 2002 (40 mois de lattes nididju!)
AOC Cabernet de Saumur 2007 Bille de Clown (rosé tendre au fruité XXL)
AOC Saumur rouge 2006 Bagatelle (rouge vaporeux pour soirée sous les étoiles)
AOC Coteaux de Saumur 2003 (moëlleux rarissime)
Jeudi 17 juillet : Frantz Saumon (Montlouis sur Loire - 37)
AOC Montlouis 2007 Minérale + (demi-sec au charme ravageur)
Vin de Table 2006 La Petite Gaule du Matin (pétillant naturel de chenin)
Et en exclusivité : le Rosé des Faucheurs 2007, le tout servi sur un groupe de faucheurs volontaires d'OGM tourangeaux ...! (un peu de d'information, ça change de la désinformation ;-p)
Jeudi 24 juillet : Benoît Jardin (Ruillé sur Loir - 72)
AOC Coteaux du Loir rouge 2006 Vieilles Vignes d'Aunis
AOC Coteaux du Loir blanc 2002 La Fontenelle
AOC Jasnières 2006 Sur le Nez
Comme chaque année, ça commence à 19h, tout le monde est le bienvenu, et ça finit sous les étoiles.
Ce lundi, j'ai repris avec joie le chemin d
es vi
gnes. Sur mon carnet de route : la Touraine du Loir et Cher, et plus précisément le Cheverny. Après un rapide arrêt chez Hervé Villemade à Cellettes où je suis reparti lesté de quelques caisses de son rouge domaine 2007 et de son blanc barrique la Bodice 2006, je me suis aventuré à quelques encablures de là chez un monsieur rencontré à Perpignan sur le salon Millésime Bio en janvier dernier, Michel Quenioux, du domaine de Veilloux à Fougères sur Bièvre.
Après un accueil impeccable de son épouse Sylviane, nous voilà parti dans les vignes. J'aime bien cette approche qui consiste à dire que si on veut comprendre un vin, on doit chercher dans les vignes. Après avoir recueilli son autorisation, j'ai mis le dictaphone en route.
Et aussi l'appareil photo
Lorsque les enfants mêmes se dressent contre le pouvoir en place pour tenter d'ouvrir les yeux des représentants des Nations Unies à Rio sur leur propre bêtise, il ne fait pas bon être un adulte des pays du nord...
Au 1er août 2009, les vins de table vont disparaître. Pour les
remplacer, la réforme de l’OCM prévoit la création d’une nouvelle
catégorie de vins dit « sans IG (indication géographique) » avec
possibilité de mentionner cépage et millésime, ce qui est aujourd’hui
interdit pour les vins de table. Cette nouvelle donne pourrait bien
bouleverser le profil de la segmentation du marché avec un volume
conséquent de vins, aujourd’hui agréés en vin de pays, qui pourrait
basculer vers cette nouvelle catégorie de vins. Dans le règlement
adopté en avril dernier, les contours de cette nouvelle catégorie de
vins décrits à l’article 53 sont encore très flous. Ce mardi 20 mai, la
Commission européenne a présenté ses propositions sur l’encadrement des
vins sans IG. Le sujet sera débattu lors du prochain Comité de gestion
vin prévu les 10 et 11 juin à Bruxelles.
Conçu comme un espace de liberté permettant aux producteurs
européens de disposer des mêmes armes que leurs concurrents du Nouveau
Monde sur le marché international, les vins sans IG bénéficient de
règles de production plus souples que les vins AOP ou IGP. C’est du
moins ce qu’a prévu la Commission européenne, mais chaque Etat membre
pourra s’il le souhaite adopter des mesures plus contraignantes pour
encadrer cette production. Voici à ce jour ce qu’a prévu Bruxelles
concernant ces vins sans IG.
Les rendements seront-ils limités ?
Non. L’Europe ne prévoit aucune limitation de rendement. De même, il n’est prévu aucune contrainte particulière concernant les techniques culturales de la vigne.
Pourra-t-on produire sur la même exploitation des vins AOP ou IGP et des vins sans IG ?
Oui. La mixité des productions n’est pas interdite. Il sera d’ailleurs possible de déclasser des vins AOP ou IGP en vin sans IG.
Quelles seront les pratiques œnologiques autorisées ?
Quelle sera la règle pour les assemblages ?
Les assemblages sont possibles entre les différentes régions de production d’un même Etat. Il est à priori interdit d’assembler des vins de différents Etats de l’Union européenne sauf s’il y avait un accord entre les Etats membres concernés et si l’assemblage ne concerne que deux régions limitrophes (ex ; la Catalogne française et la Catalogne espagnole). A ce jour, la Commission n’a reçu aucune demande d’états membres pour cette possibilité d’assemblage inter-états.A quelles conditions est autorisée la mention du cépage et du millésime ?
Seul un cépage pourra être mentionné. Il n’est pas prévu à ce jour de pouvoir indiquer des bi ou tri-cépages. La mention du cépage implique que le vin contienne 85% du-dit cépage. Il en est de même pour le millésime. Par ailleurs, les Etats membres auront la possibilité d’interdire la mention de certains cépages. Cette décision devra être fondée sur des critères objectifs et non discriminatoires qui seront définis par la Commission (ex : cépage dont le nom est une appellation contrôlée, cépages peu répandus qui impliqueraient des coûts de contrôle trop élevés..).Quelle sera la dénomination de cette nouvelle catégorie de vins ?
La mention vin de table disparaît. La Commission propose la dénomination « Vin des Vignobles de… « suivi du nom de l’Etat producteur. Toute référence à une indication géographique autre que le nom de l’Etat est interdite.Y-aura-t-il des contraintes sur les lieux d’embouteillage ?
Non. La commission n’a prévu aucune contrainte sur les lieux d’embouteillage.Quelles seront les conditions d’agrément et de contrôle ?
La commission a proposé trois « gardes-fou » pour encadrer la production :- ces vins devront faire l’objet d’une certification avec contrôle organoleptique pour valider que le cépage figurant sur l’étiquette corresponde au contenu de la bouteille.
- les exploitations viticoles qui produisent ces vins devront être habilitées par l’Etat membre
- les Etats membres devront imposer des règles de traçabilité garantissant la véracité des indications mentionnées sur l’étiquette. Ces règles devront être soumises à la Commission européenne.
Quand sera publié le règlement relatif à ces vins sans IG ?
Le délai va dépendre de la teneur des discussions qui s’engagent entre les Etats membres et la Commission européenne. En tout état de cause, il faudra que les textes soient publiés au plus tard le 1 août 2009, puisque c’est la date à laquelle le règlement entre en application.Source Vitisphère
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